3.1.16

Gloriana ou la reine inassouvie, de Michael Moorcock

 

Genre : fantasy
Date de publication : 1978
Édition : L'Atalante
Nombre de pages : 469


Quatrième de couverture : En ce nouvel âge d'or, Gloriana règne sur Albion et son empire.
Si la Cour vit au rythme de la reine, le gouvernement repose sur le chancelier Montfallcon et son réseau d'espions et d'assassins. Parmi eux, l'énigmatique et redoutable capitaine Quire.
Et tandis que la reine de vertu languit dans son palais creusé de souterrains mystérieux, Quire, le prince du vice, trame dans l'ombre l'écheveau complexe de ses intrigues...
Albion n'est pas l'Angleterre, Londres n'est plus dans Londres et la Renaissance a changé ; de même Gloriana n'est pas Élizabeth Ière. Pourtant...

Mon avis : Au premier abord, j'ai eu envie de ranger Gloriana comme uchronie élisabéthaine, jusqu'à ce que nous soyons confrontés à l'idée des mondes parallèles ; à partir de là ça y est, je suis perdue. Il y a bien une idée d'uchronie dans celle des mondes parallèles, certes, mais dans la mesure où il est concrètement question d'autres mondes, qu'on sait être dans une dimension parallèle à (entre nombreux autres) notre réalité, peut-on encore parler d'uchronie si notre réalité poursuis son chemin à l'écart de celle dans laquelle se déroule l'intrigue ? Bref, on dira qu'il s'agit de fantasy et puis voilà. Quoi que, si notre réalité existe bien en parallèle, il pourrait s'agir de littérature fantastique tout simplement ? Bon, j'abandonne : fantasy et pis c'est tout.
A part ça, la première chose à noter est la dédicace "à la mémoire de Mervyn Peake" ; c'est au hasard que je dois d'avoir lu Gloriana peu de temps après avoir lu Gormenghast, et d'avoir ainsi pu profiter pleinement des nombreuses ressemblances et clins d’œil à l’œuvre de Peake. Aurais-je réussi à accepter l’improbabilité des souterrains sous le palais royal londonien, des passages dans les murs, menant à d'autres palais cachés sous le premier, abandonnés au fur et à mesure qu'ils étaient engloutis par le sol au fil des millénaires ? Je ne crois pas. J'aurais trouvé ça "gros", alors qu'après les dédales de Gormenghast, ça passe crème. Il y a la ressemblance entre la reine Gloriana et la comtesse Gertrude d'Enfer ; entre le parcours du capitaine Quire et celui de Finelame ; la recherche de liberté de la reine, que les devoirs et traditions écrasent comme ils écrasent Titus. Même la question des mondes parallèles : si elle est inhérente à Gloriana, elle est suspectée dans Titus d'Enfer.
Ça vaut donc le coup de lire la trilogie Gormenghast de Peake avant de se lancer dans le Gloriana de Moorcock.

Et puis faut dire que c'est ce roman que j'avais pu faire dédicacer par l'auteur quand je l'avais rencontré en 2012. En vrai. En chair et en os. Celui qui a sorti les sagas d'Elric, Hawkmoon, Corum, de sa tête, et Les Danseurs de la fin des temps, et Voici l'Homme, et Mother London, etc. Le vrai de vrai. Qui m'a parlé, souri, écrit la plus gentille des dédicaces (bon, il faut rappeler que le personnage de Tristelune, dont j'ai piqué le nom, est particulièrement laid ; il aurait pu écrire la même chose à Jacquouille que ç'aurait presque pu passer pour honnête).

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